Fermer une auto-entreprise ne se limite pas à arrêter de facturer. Sans déclaration de cessation sur le guichet unique, le statut reste actif aux yeux de l'Urssaf, qui continue de réclamer des cotisations minimales et peut, à terme, radier le SIRET d'office. Deux chemins mènent à la fermeture d'une auto-entreprise : la cessation volontaire, déclarée en quelques clics, ou la radiation d'office après une longue période sans chiffre d'affaires. Voici la procédure en 2026, les délais à respecter et le comparatif chiffré entre les deux options avant de choisir.
Fermer une auto-entreprise sur le guichet unique : la procédure
La cessation d'activité d'un micro-entrepreneur se déclare exclusivement sur formalites.entreprises.gouv.fr, le guichet unique géré par l'INPI. Après connexion via FranceConnect+ ou l'identité numérique La Poste, la rubrique « Déposer une formalité » propose directement l'option « Cessation d'activité ». Le formulaire demande la date d'arrêt effectif de l'activité : cette date, et non celle de la déclaration, fait courir les délais suivants.
La démarche s'effectue dans les 30 jours qui suivent l'arrêt réel de l'activité. Elle reste entièrement gratuite et dématérialisée, sans frais de greffe ni d'annonce légale contrairement à la fermeture d'une société. Le guichet unique transmet automatiquement l'information à l'urssaf.fr, à l'administration fiscale et à l'Insee, qui radie le SIRET du répertoire Sirene une fois le traitement terminé. Déposer sa formalité de cessation en ligne reste le point de passage unique, même pour une activité créée avant la bascule du guichet unique en 2023.

Cessation volontaire ou radiation d’office : le comparatif
Le choix entre ces deux issues ne se pose en réalité que dans un cas : celui d'une activité mise en sommeil sans déclaration. Le tableau ci-dessous compare les deux procédures sur les critères qui comptent réellement pour un micro-entrepreneur.
| Critère | Cessation volontaire | Radiation d'office |
|---|---|---|
| Déclenchement | Déclaration active sur le guichet unique, à l'initiative du dirigeant | Automatique par l'Urssaf après 24 mois de chiffre d'affaires nul |
| Délai de traitement | Quelques jours à deux semaines | Plusieurs mois, précédés d'une mise en demeure |
| Dernière déclaration de CA | Obligatoire dans les 90 jours suivant la cessation | Sans objet, le chiffre d'affaires est nul depuis deux ans |
| Cotisations restant dues | Limitées à l'activité réellement exercée | Généralement nulles, sauf retard de déclaration antérieur |
| Nouvelle immatriculation | Possible immédiatement après clôture | Possible, mais sans antériorité récupérée |
En pratique, la cessation volontaire reste préférable dans presque tous les cas. Elle évite la mise en demeure de l'Urssaf, ferme le SIRET en quelques jours plutôt qu'en plusieurs mois, et laisse la main sur le calendrier de la dernière déclaration plutôt que de la subir.
Dernière déclaration de chiffre d’affaires et cotisations sociales
Même à zéro, la dernière déclaration de chiffre d'affaires reste obligatoire dans les 90 jours suivant la date de cessation, via l'espace personnel autoentrepreneur.urssaf.fr. Elle porte sur le chiffre encaissé entre la dernière déclaration périodique et la date d'arrêt effectif. Un oubli expose à une taxation forfaitaire et retarde la clôture définitive du dossier, même si le SIRET est déjà radié. Le calcul des cotisations restant dues suit le même barème que pendant l'activité : le détail des taux applicables par secteur figure dans notre comparatif de la fiscalité micro-entreprise, utile pour vérifier qu'aucun trop-perçu ne reste à régulariser.
Le rattachement à la sécurité sociale des indépendants ne s'interrompt pas le jour de la cessation : la couverture maladie se poursuit gratuitement pendant les 12 mois suivants, le temps que l'ancien micro-entrepreneur retrouve un autre régime (salariat, chômage, autre statut).

CFE et régularisations fiscales à anticiper
La cotisation foncière des entreprises (CFE) reste due au prorata de l'année en cours, même en cas de cessation en janvier. Aucune exonération automatique ne s'applique : la mairie ou le centre des impôts calcule le montant sur la base de la période d'activité réelle, et l'avis d'imposition arrive généralement l'automne suivant, plusieurs mois après la fermeture. Mieux vaut provisionner ce montant avant de considérer le dossier soldé plutôt que de découvrir la facture après coup.
Suivre ses cotisations et sa dernière déclaration sur l'espace personnel permet de vérifier qu'aucune régularisation n'est en attente avant de clôturer définitivement les comptes bancaires dédiés à l'activité.
Après la cessation : les réflexes à garder
Conserver les documents comptables et les justificatifs de déclaration pendant dix ans reste une obligation légale, même après radiation du SIRET, en cas de contrôle ultérieur de l'Urssaf ou de l'administration fiscale. Mieux vaut archiver factures, relevés bancaires dédiés et accusé de cessation dans un dossier unique plutôt que de compter sur la mémoire de l'espace personnel, qui devient inaccessible une fois le compte clos.
Pour un projet de reprise d'activité, sous un autre statut ou avec une nouvelle idée, Identifier les aides disponibles après une cessation avant de relancer permet de sécuriser le financement de départ. La demande d'ACRE et ses conditions d'éligibilité méritent une vérification dès cette étape : le dispositif reste accessible même après une première fermeture, sous réserve de respecter le délai de carence entre deux demandes.
Pour aller plus loin
- La fiscalité micro-entreprise détaillée : taux, seuils et simulateur pour vérifier sa dernière déclaration.
- Le fonctionnement de la SSI : cotisations et maintien des droits après la fermeture.
- La checklist ACRE : conditions d'éligibilité pour une reprise d'activité après cessation.


