L'impôt sur les sociétés (IS) frappe le bénéfice des SAS, SASU, SARL et SA au taux de 25 % en 2026. Une exception change beaucoup la facture : les PME profitent d'un taux réduit de 15 % sur une tranche de leur résultat, sous conditions précises. Autre prélèvement souvent oublié : les sociétés dont le chiffre d'affaires dépasse 7,63 millions d'euros supportent en plus une contribution sociale de 3,3 % sur une partie de leur IS. Le montant final dépend du bénéfice imposable exact, de l'éligibilité au taux réduit et, pour les plus grandes structures, de cette contribution additionnelle.
Le calculateur intégré plus bas chiffre en direct l'IS dû selon le bénéfice saisi, taux réduit inclus, et ajoute automatiquement la contribution sociale de 3,3 % si le chiffre d'affaires renseigné franchit le seuil. Pas besoin de tableur : le résultat s'affiche en quelques secondes, et se met à jour à chaque modification.
Impôt sur les sociétés : taux normal 25 % et taux réduit 15 %
Le taux normal de l'impôt sur les sociétés s'applique à 25 % du bénéfice imposable, quel que soit le statut de la société. Les PME en profitent autrement : la tranche de bénéfice jusqu'à 42 500 € est taxée à 15 %, et seul le surplus bascule à 25 %. Une SASU qui dégage 30 000 € de bénéfice paie ainsi 4 500 € d'IS, contre 7 500 € sans le taux réduit.
Deux conditions cumulatives ouvrent droit au taux réduit, selon service-public.gouv.fr : un chiffre d'affaires hors taxes inférieur à 10 millions d'euros, et un capital social entièrement libéré et détenu pour 75 % au moins par des personnes physiques (ou par des sociétés répondant aux mêmes critères). La libération du capital et le seuil de détention à 75 % forment une seule et même condition, pas deux exigences distinctes. Si l'une des deux conditions n'est pas remplie, tout le bénéfice bascule à 25 %.
Un second prélèvement s'ajoute à l'IS pour les sociétés les plus importantes : la contribution sociale sur les bénéfices, au taux de 3,3 %, selon impots.gouv.fr. Elle concerne les sociétés dont le chiffre d'affaires hors taxes atteint ou dépasse 7,63 millions d'euros. Son calcul ne porte pas sur le bénéfice mais sur l'IS lui-même, diminué d'un abattement de 763 000 €. Une société avec 8 millions d'euros de chiffre d'affaires et un bénéfice imposable de 4 000 000 € doit ainsi 1 000 000 € d'IS au taux normal, puis 3,3 % de (1 000 000 moins 763 000), soit 7 821 € de contribution sociale, pour un total de 1 007 821 €.
Calculez votre impôt sur les sociétés selon votre bénéfice
Entrez votre bénéfice imposable et votre chiffre d'affaires hors taxes, précisez si votre société remplit les conditions de détention du taux réduit PME : le calcul applique la formule officielle, ajoute la contribution sociale de 3,3 % si le seuil de chiffre d'affaires est franchi, et affiche le montant total dû instantanément.
Simulateur d’impôt sur les sociétés
Quelques repères avant de saisir votre propre bénéfice :
| Bénéfice imposable | Taux réduit PME | IS dû | Taux moyen effectif |
|---|---|---|---|
| 20 000 € | Oui | 3 000 € | 15 % |
| 42 500 € | Oui | 6 375 € | 15 % |
| 80 000 € | Oui | 15 750 € | 19,7 % |
| 150 000 € | Oui | 33 250 € | 22,2 % |
| 80 000 € | Non (grande entreprise) | 20 000 € | 25 % |
Le taux moyen effectif grimpe mécaniquement avec le bénéfice, puisque seule la première tranche profite des 15 %. Une société qui approche le seuil des 10 millions d'euros de chiffre d'affaires a donc intérêt à vérifier chaque année si les deux conditions du taux réduit restent réunies, et si son chiffre d'affaires franchit le seuil de 7,63 millions d'euros qui déclenche la contribution sociale de 3,3 %.
SASU, SARL, SAS : qui paie l’IS (et qui y échappe)
Une SASU est soumise à l'IS dès sa création, avec une option pour l'IR limitée à cinq ans pour l'associé unique. Les SARL, SAS et SA suivent la même logique par défaut. À l'inverse, la micro-entreprise et l'entreprise individuelle restent hors du champ de l'IS : leur bénéfice est imposé à l'IR, dans la catégorie des BIC ou des BNC selon l'activité.
Avant même de raisonner en IS, un porteur de projet a intérêt à vérifier le seuil de rentabilité au-delà duquel son activité dégage un vrai bénéfice imposable. Sans cette étape, l'estimation de l'IS reste théorique.
Acomptes et solde : le calendrier de paiement de l’IS
Une société soumise à l'IS verse quatre acomptes trimestriels, le 15 mars, le 15 juin, le 15 septembre et le 15 décembre (ou le premier jour ouvré suivant si la date tombe un week-end). Le solde, lui, se règle via le relevé n° 2572 au plus tard le 15 du quatrième mois suivant la clôture de l'exercice : pour une clôture au 31 décembre, l'échéance tombe le 15 mai de l'année suivante. La contribution sociale de 3,3 %, quand elle s'applique, se déclare et se règle selon le même calendrier que l'IS, via le même relevé.
Beaucoup de dirigeants confient ce calcul à un expert-comptable : ses honoraires varient fortement selon le statut juridique et le volume de la comptabilité. Un retard sur le relevé 2572 déclenche une majoration, d'où l'intérêt d'anticiper le montant du solde dès la clôture des comptes plutôt que de le découvrir en mai.
Autre point de vigilance pour les sociétés proches des seuils : mieux vaut connaître les seuils de la franchise en base de TVA avant de dépasser le plafond de chiffre d'affaires qui conditionne aussi l'éligibilité au taux réduit d'IS.
Pour aller plus loin
Deux ressources complémentaires pour affiner votre gestion fiscale : le point mort à atteindre avant que le bénéfice devienne imposable, et le seuil sous lequel une activité reste hors du champ de l'IS et de la TVA. Pour le barème officiel à jour, consultez aussi la fiche impôt sur les sociétés sur impots.gouv.fr.


